Information préoccupante (IP) et signalement : quels risques juridiques et quelles protections pour les enseignants ?
Publié le 26/10/2026
Je suis directrice d’école. Insultée et menacée par des parents dont j’ai exclu la fille qui s’est montrée plusieurs fois agressive.
Je suis CPE. Frappé au visage par un élève convoqué à un conseil de discipline parce qu’il avait été violent.
Je suis éducateur spécialisé. Depuis plusieurs semaines des parents mènent contre moi sur les réseaux sociaux une campagne de dénigrement raciste.
Je suis AESH, maltraitée par une collègue qui remet constamment en question mes compétences et me fait subir un harcèlement invisible.
Je suis prof de SVT, menacée après qu’un père a diffusé mon cours filmé par son fils sur les réseaux dans une publication vindicative.
Je suis prof d'EPS. Accusé à tort par une élève éconduite, qui affirme que j'aurais eu à son égard des propos et des gestes pervers.
Conflits, diffamation, insultes, menaces...
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IP / Signalement
Au cours de leur carrière, les personnels d’éducation, d’accompagnement et de soutien peuvent être confrontés à des situations laissant craindre que la santé, la sécurité ou la moralité d’un enfant soient en danger ou risquent de l’être, ou qui font apparaître que l’enfant est victime de maltraitances avérées. Ils sont alors dans l’obligation d’alerter pour le protéger. L’information préoccupante (IP) conduit à une évaluation de la situation du mineur. Les faits pouvant constituer une infraction pénale relèvent d’un signalement, adressé directement au procureur de la République. Des actes difficiles, parfois douloureux, dans lesquels les personnels peuvent se sentir seuls et isolés.
Comment réagir face à de telles situations ? Quels critères différencient une information préoccupante d’un signalement ? Quelles démarches suivre pour transmettre une IP ou un signalement ? Faut-il en référer à la hiérarchie ? Doit-on en informer les parents ? Que se passe-t-il ensuite ?
Retrouvez dans ce dossier spécial ce que dit la loi, la marche à suivre pour transmettre une IP et un signalement, mais aussi des témoignages et des avis de professionnels pour vous apporter des conseils utiles sur cette question délicate.
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Information préoccupante (IP) et signalement : quels risques juridiques et quelles protections pour les enseignants ?
En transmettant une information préoccupante (IP) ou en effectuant un signalement, les personnels de l’éducation contribuent à la protection de l’enfance. Cette démarche peut toutefois susciter des interrogations : leur responsabilité peut-elle être engagée si les faits ne sont pas confirmés ? Dans quelles conditions les parents sont-ils informés et peuvent-ils connaître l’identité de l’auteur de l’alerte ? Si le droit protège les personnels qui agissent de bonne foi dans le cadre légal, certaines situations appellent une vigilance et un accompagnement particuliers. Le point par Me Florence Lec, avocat-conseil national de L’ASL.
Mise en jeu de la responsabilité civile : les enseignants protégés
Les personnels d’éducation sont soumis à de nombreuses obligations, notamment en ce qui concerne la sécurité de leurs élèves. Ils ont à cet égard un devoir de surveillance, parfois même un devoir de surveillance renforcé. Ainsi quand survient un accident, les personnels d’éducation craignent d’être poursuivis en justice. Pourtant la loi prévoit un régime protecteur qui leur permet d’échapper aux poursuites devant le juge civil. On parle de substitution de responsabilité, consacrée à l’article L911-4 du Code de l’Éducation.